M'sieurs'Dames, bien le bonjour. Nous voici de retour au Mexique, apres quelques jours passes en Siberie. C'est a peine
exagere. Car en effet, nous n'avons pas eu chaud! Comme prevu, nous sommes alles faire quelques jours de randonnee dans le massif des Fagaras. Cette histoire commence par une
ascension de 35 kilometres (que nous avons baptisee "la montee impossible") pour rejoindre le lac Balea. Comme vous pouvez le voir, il reste de la neige. Le lac culmine a 2100
metres d'altitude.
Une fois arrivee, nous sommes alles a la rencontre des "Salvamont", les sauveteurs alpins. Nous souhaitions obtenir des informations sur l'itineraire que nous avions
choisi de suivre, et surtout, sur les previsions meteorologiques. Nous avons rencontre un "Papi", qui bien que fort sympathique, nous a plutot embrouille sur les chemins praticables, et n'avait
aucune idee de la meteo a venir: ce qui parait plutot etonnant pour un sauveteur en montagne ! Il nous a tout de meme permis de trouver un abri pour nos bicyclettes. Nous nous en sommes donc
separes (non sans emotion). Nous les avons sauvagement abandonne dans l'etabli poussiereux , sans lumiere, ni provision. Puis, nous avons prepare notre chargement, pour pouvoir passer
quelques jours en autonomie dans la montagne: tente, vetements chauds, 2,5 kilos de pates, quelques soupes, 2 kilos de pain, et des conserves de pate qui s'apparentaient plutot a
du "pedigree pal", qu'a de la nourriture humaine.
Le premier soir, nous avons plante la tente au bord du lac Capra. A peine installe, nous decidons de profiter de la belle lumiere de fin de journee pour aller faire
quelques photographies. Nous tombons nez a nez avec une famille de chamois, qui pensait, a cette heure tardive, etre debarassee des touristes. Mais non, il en restait deux. Un des
jeunes, un peu deboussole, et ne sachant que faire, s'est meme approche a quelques metres seulement de nous. Un beau moment... Le lendemain, nous marchons en direction de la cabane Podragu. Il y
a beaucoup de nevets a traverser. Arrive a la "fenestra", nous preferons suivre le chemin qui traverse les vallees, plutot que la route des cretes. Des previsions anterieures nous faisaient
craindre des orages pour la fin de journee. Finalement, il n'en sera rien. 4 valles plus tard, nous arrivons au col d'ou nous apercevons la cabane Podragu. Des taches colorees dans la vallee
attirent notre attention. Descendons un peu pour voir de quoi il s'agit..
Eh oui, vous ne revez pas. Nous tombons sur un veritable depotoir, ou l'on peut trouver des bouteilles de gaz, de nombreuses conserves, des bouteilles en plastique
laissees par des randonneurs peu scrupuleux. Ca tranche franchement a cote des paysages somptueux formes par ces massifs. Et c'est bien loin de l'esprit des amoureux de la montagne. No
comment...
Au petit matin, nous partons pour rejoindre le refuge "Valea Tea". Mais deja, un ciel sombre nous menace. Nous decidons tout de meme de grimper jusqu'au premier col, pour
avoir une vue plus generale, et prendre une decision quant au deroulement de la journee. Nous aurons juste le temps de descendre en catastrophe de l'autre cote pour aller s'abriter dans une
cabane de berger. Nous esquivons un orage d'une rare violence. Un eclair vient frapper tout pres de notre abri. On doit avouer qu'a ce moment, on ne la mene vraiment pas large. J'ai une
oreille qui siffle (Ben). On se met assis sur des rondins de bois pour s'isoler du sol. Et dire qu'il ya des bergers sur les flancs de la montagne derriere nous, sans abri. On tente de se
faire du feu. Sans succes, le bois ne veut rien savoir. Apres avoir laisse passer le tonnerre, nous remontons au col, et nous sommes rejoints par Yoyo, Forint, et Layla que nous avions
rencontre la veille. Il est deja 13h30. Sans information sur les previsions meteo, et les chaussures trempees, nous decidons de retourner vers le lac Balea.
Cette fois-ci par le sentier des cretes. Le ciel est toujours menacant, mais maintenant il faut avancer. Apres une petite heure, le soleil refait son apparition, a la
surprise generale. Cela nous a permis de profiter pleinement des paysages. Nous progressons doucement sur les cretes. Parfois, le sentier se transforme quasiment en Via-ferrata: il
faut utiliser les mains courantes pour evoluer sur des parois abruptes. On prend beaucoup de plaisir sur ces chemins escarpes.
Mais il est deja tard, et il nous reste encore 2 bonnes heures de marche pour rejoindre le Balea. Et nous ne sommes pas au bout de nos peines. Il nous faut remonter un
gros nevet pour aller rattraper le sentier. Impossible sans equipement adapte. De plus, Layla a bout de force commence a etre un peu nerveuse, et a paniquer devant un passage un peu delicat. Nous
mettrons beaucoup de temps a regagner le chemin. Une belle randonne qui se terminera a la lampe frontale. Nous sommes acceuillis par des Hongrois qui nous offrent une bonne Palinka pour nous
remettre de nos emotions.
Nous passerons encore une journee dans le massif a attendre patiemment un rayon de soleil. En vain. Alors le lendemain, nous decidons de redescendre, et de prendre la
route vers Brasov. Nous roulerons peu cette journee pour lezarder au soleil, et profiter de la chaleur, au bord d'une riviere. Ce sera aussi l'occasion de faire une grosse lessive, de faire
secher la tente, et de manger le chocolat que la maman d'Olivier nous a gentillement envoye.
Nous avons donc repris la route hier en direction du delta du Danube. Des villageois nous ont offert du fromage de leur production quand nous nous sommes arretes pour
nous ravitailler dans une petite epicerie. Ce repas a aussi ete l'occasion d'une franche rigolade avec ces gaillards qui n'arretaient pas de se chambrer.
Nous voici aujourd'hui a Brasov, ville de 500 000 habitants environ, d'apres nos sources. Mais il semblerait que le Roumain ait une vague tendance a l'exageration. On
vous racontera. Bon, quoi qu'il en soit, c'est une grande ville. Il fait tres beau. Il est 16h30. Encore une fois, nous avons passe quasiment trois heures a vous raconter nos aventures,
et nous n'avons toujours pas manger. Alors il est temps de se quitter. A la prochaine, Salut.
Ps; On fait tout notre possible pour limiter la casse quant aux fautes d'ortographe. Desole Maman s'il en reste quelques unes. En tout cas, on prend bonne note des regles
de grammaire que tu nous envoies, telle celle du COD place avant le verbe. Pour les cartes, nous sommes simplement passes de Sibiu a Brasov, avec un crochet par le lac Balea.