AutourDuVélo
Bonjour a tous. Nous commencons cet article par une petite minute naturaliste. Notre balade dans le massif des Maramures nous a permis de faire quelques belles rencontres. On est tombe sur un veritable regiment de "Sonneur a ventre jaune". Ce crapaud a developpe quelques ruses pour se proteger des predateurs. Premierement, il s'est reveti d'une parure brune qui lui permet de se fondre dans son environnement (photo de gauche). Deuxiemement, si un predateur le debusque, il peut se mettre sur le dos et exhiber sa vive coloration jaune, d'ou son nom de "Sonneur a ventre jaune". Ceci sert a avertir ses predateurs de sa toxicite.
Dans ce meme milieu nous avons egalement trouve le Lezard des souches. Ce reptile mesure une dizaine de centimetres et se
nourrit d'insectes tels criquets, grillons, fourmis...
Apres cette petite randonnee nous sommes retournes chez Maria et Ilie. Notre sejour dans cette famille roumaine a mis fin a notre regime habituel de "rice and beans". Maria qui est une cuisiniere hors paire, nous a gave comme des oies pendant trois jours. On a jamais aussi bien mange depuis notre depart. Resultat: on a pris un kilo et demi chacun. La balance avoisinne maintenant les 65 Kg pour Benoit, ce qui nous permet tout de meme de rester dans la categorie poids-plume...
Apres ces quelques jours de repos, on decide de repartir, tres determine. Une belle etape de montagne nous attend pour rejoindre
Viseu de Sus, une ville au coeur des Maramures. Mais a l'heure du depart, une averse violente vient contrarier nos projets. Serait-ce un signe de la providence? Un rapide coup d'oeil sur la
meteo nous apprend que la pluie a prevu de passer quelques jours de vacances au meme endroit que nous. On ne peut pas dire que ca nous arrange. Alors sur les conseils d'Ilie, on se resoud a
prendre un bus pour parcourir les quelques cent kilometres qui nous separent de Viseu. Et la c'est Rock'and'Roll. Evidemment, le prix du billet depend de la tete du client. Quant a la possibilite
d'embarquer les velos, cela est fonction de l'humeur du chauffeur. "C'est la Roumanie" comme dirait Ilie. On a eu de la chance, notre conducteur etait dans un bon jour, et Ilie nous a file
un bon coup de main. Bon, pour ce qui est du confort, il ne faut pas pousser. il n'y a bien entendu pas assez de places assises pour tout le monde. Ben a passe une bonne partie du trajet
assis au dessus du moteur. Mais nous sommes finalement arrives a destination au bout de trois heures et quelques haltes chez les amis du chauffeur.
Nous voici donc dans la vallee de la Vaser. Il pleut toujours. Il existe ici un phenomene extraordinaire. Cette vallee n'est
accessible que par un train a vapeur, construit il y a bien longtemps deja, et qui sert a redescendre le bois des montagnes vers la ville de Viseu. En tant que bon touriste que nous sommes et
contre 60 lei (17 euros), nous avons pris place a bord de ce train, pour une ballade de trois heures environ. Ca vaut vraiment le coup, les paysages sont somptueux, le controleur offre des
bieres.
Et puis c'est aussi l'occasion de rencontrer des Canadiens, des Hongrois, des Francais, et surtout des forestiers Roumains qui
travaillent avec acharnement, sous une pluie battante, au milieu des touristes ebaillis. Il y aussi quelques Roumains en vacances, comme ce policier (photo de droite) avec qui nous avons
sympathise et qui nous a propose un tour dans sa Dacia pick-up. On a prefere redescendre a pied pour contempler plus tranquillement ce paysage sauvage et mystique qui s'offrait a
nous.
Apres deux jours passe ici, on reprend la route vers le Sud, direction la transylvanie. Debut des cotes, des cols, des montees, des
pentes, des ascensions puis des cols, des cotes, des montees, et ainsi de suite... Vous l'aurez compris, ca monte, et ca descend, la montagne quoi. En plus il fait froid, et la pluie prolonge son
sejour dans les carpates. Alors on ressort les gants, bonnets, pantalon de pluie, et on mange des soupes en haut des cols. Et comme on se refuse a emprunter les grosses nationales pleines de
camions furieux, on se retrouve parfois sur des pistes au milieu de nulle part. Mais c'est ce que nous voulons. C'est souvent dans ces coins recules, loin des grandes villes, que nous faisons de
belles rencontres.
Ci-dessous, une belle lumiere de fin de journee qui nous a permis de realiser quelques jolies photographies, que vous verrez a notre
retour. On ne va quand meme pas tout vous devoiler tout de suite. C'est egalement le village ou nous avons passe la nuit dans la cour de l'ecole, desertee pendant les vacances scolaires. A
droite, la "ploi", prononcez "ploye", encore et toujours. Je crois qu'il ne s'est pas passe une journee sans qu'elle nous rende visite.
Allez, nous terminons cet article pour vous parlez de notre derniere rencontre. Ce soir la, nous avions plante notre tente en haut
d'une belle colline verdoyante, a proximite d'un village. Les matelas etaient gonfles, la douche avait eu le temps de chauffer, bref on s'appretait a passer une bonne soiree, pepere, et
reposante. Oui, car on a oublie de vous dire, la veille au soir, on s'est fait prendre dans un traquenar a n'en plus finir avec une bande d'ouvriers roumains qui nous ont offert le gite dans un
internat. Passons les details. Nous avions donc besoin de repos. Manque de bol, a peine installe, une famille debarque. "Hors de question de rester ici, venez dans ma maison!". Difficile de
refuser. On remballe donc tout notre bazar et on redescend de notre colline. Anita nous prepare une chambre douillette, et Ioan nous fait faire le tour de sa propriete. On dit bonjour aux
poules, et on se fait des mimes pour identifier les legumes de son potager. En Roumanie, tout le monde a un jardin avec un potager, quelques pieds de vigne, et des poules... Alors
bien sur, on goute la production locale. D'abord le vin, puis la Tuica. On est encore recu comme des rois. On mange du choux farci et des saucisses. On met nos aptitudes a l'herbivorie
(vegetarien) de cote depuis qu'on est ici. Deux voyageurs a velo perdus au fond de la Roumanie, ca fait de l'attraction. Alors on appelle les voisins, on telephone a la famille, et tout ce
beau monde nous pose des tas de questions. C'est ce qui est super dans le voyage a velo. Nous sommes autant une attraction pour les gens ici qu'ils le sont pour nous.
On reprend la route avec quelques litres en plus dans les sacoches. Et un peu de plomb dans la casquette. Direction Sibiu. Les
jambes sont lourdes. Heureusement, toute petite etape aujourd'hui, une cinquantaine de kilometres a peine. Soit 25 minutes de velo. Horaire approximatif, nous n'avons pas de montre. Bon allez,
treve de plaisanterie. Il est deja tard, et nous sommes fatigues. Alors on va vous souhaiter plein de bonnes choses. Et comme on dit ici, Sanatate, Noroc, si la revedere.
Pour ceux qui nous suivent sur carte: Baia Mare, Sighetu, Viseu de Sus, Moisei, Romuli, Salva, Beclean, Taga. Ludus, Medias, Sibiu, le tout par les petites routes folkloriques.
Et le lien vers notre cher ami, Mr G_____E: